Chez la Gen Z, les signes dépressifs se multiplient dans les récits du quotidien. Pour beaucoup, le rituel de fin de journée n'est plus une conversation ou une sortie, mais un écran qui reste allumé jusqu'à la nuit.
Dans les témoignages recueillis, un même moment revient : la fin de journée. Ce creux entre la sortie des cours ou du travail et le coucher, autrefois consacré aux amis, à la famille ou au sport, se passe désormais seul, lumière éteinte, entre vidéos courtes et messages laissés sans réponse.
Les psychologues parlent d'« isolement connecté » : on n'a jamais été autant en contact, et rarement aussi peu accompagné. Les plateformes, elles, savent que le crépuscule est l'heure où l'on fait défiler le plus longtemps.
Des initiatives émergent pour reprendre la main : soirées sans téléphone, clubs de marche nocturne, cafés qui confisquent gentiment les écrans à l'entrée. Les participants décrivent la même surprise : le temps passe moins vite, mais il passe mieux.
Ce constat ne résume pas toute une génération : il interroge la place que l'on laisse aux liens sociaux, à la solitude et aux moments sans notifications.