En baie de Somme, les déferlements de tsunamis récents ont transformé le quotidien des communes côtières. Au rythme des alertes, des rues entières se vident et les routes vers l'intérieur des terres se remplissent.
« La première vague, on a cru à une grande marée. À la troisième, on a chargé la voiture », raconte Martine, 67 ans, qui vivait face à la mer depuis trente ans. Comme elle, plusieurs centaines d'habitants ont quitté le littoral en quelques semaines, laissant derrière eux maisons, bateaux de pêche et phoques désorientés.
Les scientifiques peinent à expliquer le phénomène. Un tsunami suppose en général un séisme ou un glissement de terrain sous-marin, et la Manche n'est pas réputée pour ses colères. Plusieurs hypothèses circulent, de l'effondrement d'une falaise immergée à une anomalie des courants. Aucune n'a encore été confirmée.
Dans les villages de l'arrière-pays, la solidarité s'organise : gymnases réquisitionnés, collectes de vêtements, chambres d'amis prêtées « pour quelques jours » qui deviennent des mois. Plusieurs mairies ont ouvert un guichet unique pour accueillir les familles déplacées.
Les familles emportent le strict nécessaire. Derrière elles, les lieux familiers deviennent des paysages incertains. L'exode des populations pose déjà une question : comment reconstruire quand la mer ne cesse de revenir ?